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Et l’air qu’on respire ?

Ce n’est pas un scoop : l’air que l’on respire est mauvais. Mais mauvais à quel point ? Est-il nécessaire de sonner l’alarme et de changer les comportements ? Pour les professionnels de la santé, la réponse est oui.

pollution
Nombreuses sont les associations et organisations à s’inquiéter de la qualité de l’air sur le territoire français. Le Ministère de l’écologie évalue que 42 000 décès prématurés par an sont liés à la qualité de l’air. La situation des grandes villes des Bouches-du-Rhône est quant à elle préoccupante. La future métropole Aix-Marseille n’est pas parmi les plus mauvais élèves d’Europe, loin derrière Bucarest, Athènes ou Rome, mais nous habitons dans la région la plus polluée de France, bien devant Paris.

L’Aperçu a rencontré Jennifer Maherou, chargée de la documentation scientifique pour l’Association Santé Environnement France (ASEF). « En ramenant notre taux moyen de particules fines à 10 microgrammes par mètre-cube, soit la valeur préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), nous gagnerions, sur la région Aix-Marseille, 8 mois d’espérance de vie ». Si la réponse est complexe, elle a de quoi alerter chacun de nous. « Diverses études scientifiques ont déjà démontré que les personnes exposées aux particules fines émises par la pollution automobile, développaient plus facilement de l’asthme, des infections ORL et des allergies respiratoires, sans parler d’un très probable impact sur le taux des cancers ».

En ramenant notre taux moyen de particules fines à 10 microgrammes par mètre-cube, nous gagnerions 8 mois d’espérance de vie.

L’ASEF participe à la sensibilisation et à l’information des publics, par le biais de conférences, de concertations ou d’études concernant le territoire aixois. L’opération Poussette par exemple, menée en 2011, avait pour but d’évaluer ce que les bébés respirent dans la cité aixoise aux heures de pointe, durant les plages horaires de 8h-10h et 17h-19h. Des capteurs de microparticules sont placés sur les poussettes qui effectuent le parcours type des parents avec leurs bébés durant ces heures. Résultat : les taux n’ont jamais été en dessous de 20µg/m3, qui est l’objectif de qualité de l’Union Européenne, et donc le double de ce que préconise l’OMS (sic !).

Pour l’association, l’effort doit venir des pouvoirs publics.
Jennifer Maherou nous précise que les solutions ne peuvent qu’être collectives : « Par exemple, prendre le bus, c’est moins confortable et moins rapide, mais cela crée un bien-être général. Pour cela il faudrait repenser et réaménager les réseaux de transport entre Aix et Marseille. Le sas d’insertion des bus construit à la Pioline est déjà un bon exemple pour désengorger la circulation, mais à quand une liaison en site propre (cad une voie exclusivement réservée au bus) entre les deux villes ? Il faudrait aussi implanter sérieusement un réseau de vélos urbains, inciter les gens à favoriser des déplacements courts, à pied, ne plus prendre sa voiture pour la moindre course. Chacun doit devenir un acteur de sa santé ».

ASEF : fondée en 2008 par les docteurs Pierre Souvet et Patrice Halimi, l’ASEF rassemble 2500 médecins et professionnels de la santé autour des questions relatives à l’impact des polluants sur la santé humaine sur le territoire national.

Bon à savoir : Comme pour la météo, vous pouvez consulter les prévisions de la qualité de l’air dans votre ville sur le site d’Air Paca.

Pour se renseigner :
www.airpaca.org
www.developpement-durable.gouv.fr
www.who.in

www.asef-asso.fr

Date de publication : 25 novembre 2014

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